Logique mathématique

Principaux messages :

  • Depuis 15 ans, le Maroc a réalisé des progrès importants sur le plan de l’économie et du développement. Son produit intérieur brut (PIB) par habitant a augmenté de 3,2 % en moyenne. Le pays bénéficie également d’un dividende démographique, même si la qualité de la main-d’œuvre reste faible. Avec le ralentissement de l’accroissement de la population, à 1,25 % entre 2004 et 2014, le ratio de dépendance démographique a été divisé par deux et devrait rester faible jusqu’en 2030. Pour le royaume, c’est à la fois une chance et une source de pressions supplémentaires sur l’économie, tenue de créer suffisamment d’emplois pour les 300 000 jeunes en âge de travailler qui se présentent chaque année sur le marché du travail.
  • Le marché du travail du Maroc se caractérise par trois grands défis.
    • L’absence d’inclusion : les jeunes et les femmes sont moins intégrés que le reste de la population active sur le marché du travail. Le taux de participation des femmes est particulièrement faible (23 %), tandis que la part des jeunes a reculé, avec plus d’un doublement du nombre de jeunes poursuivant des études.
    • La lente progression de l’emploi : le nombre d’emplois créés ne suffit pas pour absorber l’afflux de la population en âge de travailler. L’emploi formel est concentré dans des entreprises plus grandes et plus anciennes tandis que les petites et moyennes entreprises ont du mal à fonctionner et à se développer.
    • Des emplois peu qualitatifs : le marché du travail est dominé par le travail informel. L’essor de l’emploi non agricole est limité alors que, dans le secteur des services, les emplois se concentrent dans des prestations peu qualifiées. La productivité est faible et les travailleurs n’ont pas accès à des mécanismes adaptés de dialogue sur la protection sociale et les conditions de travail.
  • Tous ces facteurs expliquent les problèmes d’affectation et de sous-utilisation de la main-d’œuvre, qui empêchent l’économie d’atteindre son potentiel. Des solutions existent cependant pour renforcer le marché du travail marocain et augmenter sa contribution à la croissance économique du royaume. Parmi les mesures possibles, un fonctionnement plus optimal du marché du travail, surtout du côté de la demande, permettrait de créer plus d’emplois de meilleure qualité. Pour cela, le pays doit se doter d’un cadre réglementaire plus souple et transparent qui contribue au développement du secteur privé. Dans le même temps, des politiques complémentaires du côté de l’offre seront indispensables pour améliorer les résultats de l’éducation et démanteler les obstacles à l’entrée pour les jeunes et les femmes.